ENERGY AND MOVEMENT




ENERGY AND MOVEMENT
2007 – 2009





In our modern and pacified societies, we reject any form of violence or combat. In Europe, it’s been a long time since there had been war in our territories. The combats are taking place elsewhere, far away, too far for people to realize it. The civil society wants security at any price, comfort and well-being. No one wants to be disturbed by troubles or conflicts. And yet violence and fighting are everywhere; in Africa, Asia, or the Middle East, in the suburbs and the streets of American and European cities. Even in the wealthiest families, we find it in their hobbies: video games, movies and of course, sports.

In the framework of my research on the war and the various forms of combat in our societies, I got interested in martial arts and combat sports in Europe. I have read and studied the philosophies behind it. I myself have practiced martial arts and attended many courses and competitions. For many hours, I have watched the movements and energy to translate it into drawing. The idea was to see how the movements in martial arts would influence the movements of drawing and my relation to the representation of movement and violence inherent in any form of combat. The result is several notebooks filled with notes and a series of over 300 sketches and drawings executed in pencil, charcoal, pen or pastel. Through the fast strokes, one perceives the anatomy and the movement of fighters, the visible actors of a permitted violence.





Dans nos sociétés modernes et pacifiées, on prône la non-violence et on refuse toute forme de combat. En Europe, cela fait bien longtemps qu’il n’y a pas eu de guerre sur nos territoires. Les combats se mènent ailleurs, bien loin, trop loin pour en ressentir l’intensité. La société civile veut la sécurité à tout prix, le confort et le bien-être. Elle ne veut aucunement être perturbée par les troubles et les conflits. Et pourtant la violence et les combats sont partout ; sur les territoires d’Afrique, d’Asie, ou du Moyen-Orient, dans les banlieues et les rues des grandes villes européennes ou américaines. Même dans les milieux les plus aisés, on l’a retrouve dans nos loisirs : Jeux vidéos, films et bien sur, le sport.

Dans le cadre de ma recherche sur la guerre et les différentes formes de combat dans nos sociétés, je me suis intéressée aux arts martiaux et aux sports de combat pratiqués dans les clubs en Europe. J’ai lu et étudié les philosophies à l’origine de ses pratiques, j’ai moi-même pratiqué les arts martiaux et j’ai assisté à de nombreux cours et compétitions. Pendant de nombreuses heures, je me suis imprégnée des mouvements et de l’énergie pour les retransmettre en dessin. L’idée était de voir comment les mouvements des arts martiaux allaient influencer le mouvement du dessin et mon rapport à la représentation du mouvement et de la violence inhérente à toute forme de combat. Le résultat se présente sous la forme de plusieurs carnets d’artistes remplis de notes et une série de plus de 300 croquis et dessins sur le vif exécutés au crayon, fusain, feutre ou pastel sur papier. A travers les traits rapides, on perçoit l’anatomie et les mouvements des combattants, les acteurs visibles d’une violence permise.

Sandra Issa